
Partir à la rencontre de ceux qui font vivre notre terroir est toujours un moment privilégié. J’ai eu la chance de passer une journée mémorable aux côtés de la famille Monnet d’Isérables, qui cultive avec passion pas moins de 20 hectares en plaine, dans la région de Riddes et alentours. Entre vignobles aux cépages multiples et vergers généreux abritant abricotiers, pruniers, pommiers, poiriers et autres, c’est toute la richesse de notre agriculture valaisanne qui s’exprime à travers leur travail.
Impossible de parler de ce domaine sans évoquer d’abord les figures qui le font vibrer au quotidien.

À 74 ans, Jean-Hubert, le papa, insuffle une énergie admirable. Toujours très actif au milieu de ses ceps, il force l’admiration et le respect de ses fils. C’est toute la mémoire et la connaissance intime de la vigne qui se transmettent ainsi, de génération en génération, ancrant le savoir-faire familial au cœur de notre terre.

Voici Zian, l’un des deux frangins, penché sur les grappes mûres. Avec son frère, il a repris le flambeau de l’entreprise familiale, perpétuant la rigueur et l'amour du travail bien fait.

Et voici Fred, le second frère, affairé à la récolte dans les vignes, le regard concentré sur la qualité du fruit.
Si la maman, Jeanine, n’apparaît pas sur ces clichés, son rôle n’en a pas moins été central. Personne admirable au grand cœur, elle a su nous réconforter en milieu de matinée avec un délicieux en-cas sur le terrain pour nous redonner des forces.
Après l’effort des vendanges matinales, nous avons pris de la hauteur pour remonter à Isérables. Jeanine nous y attendait avec un dîner d’exception : un saumon à la cuisson juste parfaite, tout simplement divin. En guise de point final à ce repas mémorable, un far breton aux pruneaux, confectionné avec les fruits de leurs propres pruniers, est venu couronner le tout. Un véritable chef-d’œuvre gourmand ! J'avoue avoir redouté un instant de sombrer dans une douce torpeur à l’ombre d’une vigne pour digérer ce festin l'après-midi venu. Un immense merci à Jeanine pour son accueil chaleureux et à toute la famille Monnet pour leur générosité.
Poursuivre la journée au milieu des parcelles de la famille Monnet, c'est plonger dans la diversité viticole du Valais. Le rythme des vendanges s'articule au fil des heures et des types de raisins récoltés avec soin.
La matinée commence sous les meilleurs auspices avec la récolte des cépages rouges de la matinée, notamment le gamay, mais réserve aussi de belles surprises visuelles.

Sur cette première parcelle, on peut ainsi apercevoir de superbes grappes de raisin blanc : il s’agit du chasselas, que l’on appelle communément et affectueusement « le fendant » en Valais. Un nom évocateur, puisque sa peau et sa chair ont la particularité de se fendre sous la dent ou lors de la récolte !
Le travail s'accélère dans les rangs de vigne où chaque geste compte pour préserver la qualité du fruit avant qu'il ne rejoigne les caisses.

Les caisses jaunes se remplissent rapidement de magnifiques grappes bien mûres, coupées net à l'aide des sécateurs par des mains expertes, témoignant de l'exigence et du savoir-faire requis pour cette période intense de l'année.
Après la parenthèse enchantée du repas de midi à Isérables, le travail de l'après-midi reprend de plus belle sous le soleil valaisan pour s'attaquer aux parcelles de pinot noir.

Les bennes se gorgent de superbes raisins sombres aux reflets éclatants, tandis que les rayons du soleil traversent le feuillage des vignes face aux superbes paysages de la région de Riddes. Un spectacle saisissant qui réunit passionnés et ouvriers dans une ambiance de travail authentique et chaleureuse.
Une journée de vendanges ne s'arrête pas au couper des grappes ; elle se conclut par l'étape cruciale de la livraison à la cave. J'ai eu le privilège d'accompagner Fred pour acheminer le fruit de leur travail. Comme il me l'a expliqué, la grandeur et la diversité de leurs vignobles ne leur permettent plus de vinifier l'intégralité de leur propre récolte. La famille s'est donc entourée de caves partenaires de confiance qui leur rachètent une partie du raisin tout en produisant également le vin pour eux.
Dès l'arrivée à la cave, chaque étape est millimétrée pour préserver la qualité du fruit.

Sur ces images, on peut voir le raisin délicatement versé dans la trémie à l'aide du basculeur à palox monté sur le chariot élévateur. Un spectacle impressionnant qui marque le passage officiel de la vigne à la transformation.
Le processus se poursuit avec l'intervention des machines et le contrôle rigoureux des quantités.

L'égrappoir-fouloir entre en action pour séparer les baies des rafles, tandis que le grand cadran de la balance enregistre le poids exact de la vendange amenée. Chaque kilo récolté avec sueur trouve ainsi sa juste comptabilisation.
Enfin, un dernier regard à l'intérieur des installations partenaires nous dévoile les coulisses de la vinification.

À l'intérieur de la cave, alignement de cuves en acier inoxydable et pressoirs modernes prennent le relais. C'est ici que le jus des vignes de la famille Monnet se transformera, patiemment, en ces nectars valaisans que nous aimons tant déguster.
Pour clore cette riche journée, la découverte s'est prolongée au-delà des vignes, dans l'intimité des vergers de la famille Monnet.
En fin de journée, Zian m'a fait le plaisir de me montrer une partie de leurs vergers, regorgeant de pommiers et de pruniers chargés de fruits.

Traverser ces arbres fruitiers aux branches remplies de fruits gorgés du soleil valaisan, procure un sentiment de profonde humilité. On prend pleinement conscience que chaque fruit, à l'instar du raisin récolté tout au long de la journée, est cueilli individuellement à la main. C'est un privilège et un bien encore plus précieux de pouvoir les savourer, en connaissant désormais tout le travail et l'amour du métier qui se cachent derrière chaque récolte.
Rien ne vaut un dernier sourire partagé pour immortaliser cette immersion humaine et professionnelle d'exception.

Je tiens à remercier chaleureusement Fred et Zian pour leur patience à mon égard et de m'avoir si bien accueilli sur leur domaine le temps de cette journée inoubliable. Merci à Jean-Hubert de faire vivre la transmission et la passion du vignoble, et un immense merci à l'ensemble des ouvriers pour leur bonne humeur communicative et la magnifique énergie qui unit toute l'équipe.
Quelques infos pratiques :
Pour tous les amateurs de bons vins et de produits authentiques qui souhaitent découvrir ou se procurer les nectars de la Cave La Batoue (AOC Valais), voici toutes les coordonnées de Zian et Fred Monnet :
